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 ARAP  - 21 août 2013

UN MOT DE PRÉSENTATION DU PRÉSIDENT

De l’importance de la vie associative.

La France est un pays riche, plus de ses citoyens que de son personnel politique. Les quelques quatre vingts personnes qui ont eu la chance d’assister à la réunion débat qui s’est tenue le 13 août dernier à Locquirec à l’initiative de l’association « Sauvegarde du Trégor » (dont l’ARAP est membre) en ont eu un exemple convaincant : échanges de haut niveau dans la forme comme dans les contenus entre le Syndicat Mixte pour la gestion des cours d’eau du Trégor et du pays de Morlaix, l’association en la personne de son Président, Yves-Marie Le Lay, son vice Président Claude Fustier, et la salle elle-même qui alimenta le débat de manière fort intéressante, à propos de l’importante question des algues vertes, en tant qu’elle concerne plus généralement la pollution des eaux douces en France aujourd’hui. Il est dommage – et hélas sans doute significatif – que les représentants institutionnels concernés (État, Élus, Syndicats agricoles) aient décliné l’invitation des organisateurs. Nous en sommes sortis tard le soir avec la bonne sensation d’être mieux informés et préparés à la réflexion sur les véritables enjeux de pouvoir que de tels problèmes nous révèlent.

Car, au-delà du développement des idées et des connaissances sur cette question, les échanges nous ont montré le rôle essentiel pour notre démocratie – et plus généralement encore pour la défense de nos valeurs fondamentales – que pouvaient, et devaient absolument jouer les associations, partenaires indispensables à côté des pouvoirs politique et économique. Pour la bonne raison, entre autres, que ce troisième pouvoir, d’abord citoyen et bénévole, est libre de toute motivation carriériste comme de toute contrainte économique ; et aussi parce que son fonctionnement démocratique est en lui-même un gage de loyauté vis-à-vis de son but initial déclaré, le plus souvent soucieux de l’intérêt général.

Dans notre pays politiquement centralisé, et en même temps dépendant des ses grands groupes d’activités créatrices de richesses et d’emplois, où tant de lois sont votées qui ont tant de mal à se voir appliquées, il faut assurer la pérennité du rôle critique du citoyen soucieux de favoriser les meilleurs compromis entre des intérêts parfois contraires, tout en respectant la complexité des situations dans lesquelles, sans être expert, il doit pouvoir se prononcer. Dans une région culturellement marquée comme la Bretagne, dont l’histoire est jalonnée de tensions spécifiques sur les populations – dues à des phénomènes  profonds et répétés de déculturation depuis des siècles – ce besoin plus direct d’expression et de représentation populaires est plus vital encore en matière de préservation de ses richesses naturelles et culturelles.

C’est surtout dans la vie associative que la diversité des individualités et particularités apprend à se rencontrer, s’écouter, se respecter mutuellement entre adversaires / partenaires engagés dans les travaux d’amélioration de la vie concrète des gens. Les inévitables tensions entre les intérêts particuliers et la recherche d’un intérêt général doivent se résoudre par une méthode de relations sociales basée en premier lieu sur la concertation et la négociation dans la connaissance et le respect mais aussi l’application de la Loi, conformément aux valeurs de notre démocratie – conquête occidentale justement critiquée quand elle prétend s’imposer brutalement à d’autres traditions ancestrales, mais que nous pensons néanmoins mériter d’être défendue.

C’est pour participer à la mise en actes de ces principes au modeste niveau local d’un petit coin de côte Bretonne, que quelques uns de ses amis et riverains ont créé il y a près de dix ans une association dont l’objet est de défendre ses richesses qu’ils voyaient menacées par des intérêts et des méthodes auxquels ils ont cru bon d’opposer démocratiquement leur ferme vigilance.

Élu président de l’ARAP, je dois aussi à tous ses adhérents un mot de présentation personnelle. Depuis quarante cinq ans profondément lié au Diben, sentimentalement, familialement, économiquement ; intellectuellement aussi par mon métier de passion pour l’humain et ses cultures ; devenu marin par la Bretagne, et un peu paysan d’origine, je me sens localement légitime dans cette fonction, que je conçois avant tout comme un travail collectif de recherche obstinée de dialogue et de rencontre. Sans être naïf – c’est plus difficile de le rester à soixante cinq ans – je crois au pouvoir de la loyauté et du respect mutuel pour résoudre durablement les conflits, même s’ils doivent parfois s’exprimer dans des rapports de force.

Feuille de route de l’ARAP pour 2013-2014

Dans l’immédiat, trois sujets sont sur la table :

-          Le projet de port de plaisance. Plougasnou a besoin de développer ses capacités portuaires, et l’anse de Primel est selon nous un site possible ; mais à condition de respecter à la fois le bon sens ancestral et la Loi, ce que ne fait pas le projet actuel porté par Morlaix Communauté. On ne fait pas un port où il n’y a pas d’eau, mais quelques centaines de mètres plus loin, là où il n’est pas nécessaire de dynamiter en zone urbaine une roche très dure. Les besoins d’aménagement d’un espace ne doivent pas ignorer la Loi lorsqu’elle impose de préserver les zones écologiquement fragiles qui en constituent durablement la qualité et la richesse. La Commune de Plougasnou, dans le cadre de Morlaix Communauté, doit étudier honnêtement d’autres modèles possibles d’aménagement de tous ses sites adaptés aux besoins nautiques locaux (prioritairement les petits bateaux de pêche-promenade, secondairement un nombre suffisant mais limité de places au ponton à l’année et en accueil de passagers saisonniers). Elle doit imaginer, à partir de ces objectifs d’amélioration de l’existant –rappelons qu’il y a déjà un port au Diben – des aménagements économiquement raisonnables et des services au moins saisonniers.

-          L’usine au centre du Diben (elle ne mérite sûrement plus son nom officiel de « viviers »). Notre position pourrait se résumer en une question : que se passerait-t il si le groupe « Intermarché » décidait – pour des raisons qui nous échappent et contre lesquelles nous ne pourrions rien – de se retirer de Plougasnou comme il y est venu, en imposant ses volontés ? Nous nous doutons bien que la négociation avec une telle puissance économique n’est pas facile ; mais devons-nous pour autant accepter de laisser maltraiter et spolier les habitants du hameau, en les privant de surcroît de leur droit à l’information et à la parole ?

-          Les aménagements du Diben. Là encore, nous pensons au respect des principes de la démocratie : la population concernée est-elle honnêtement informée ? Comment est-elle associée à la réflexion, aux décisions ? Ce sont pourtant les usagers au quotidien, les habitants d’un quartier qui, connaissant ses mille particularités, sont plus aptes à inspirer les meilleures solutions. Nous ne manquerons pas de demander aux listes des prochaines municipales de se prononcer clairement à ce sujet.

Au total, aussi bien pour le port, l’activité industrielle que les aménagements urbains, nous défendrons des solutions de développement à la fois soucieuses de l’économie et de l’emploi, mais à caractère durable, en même temps que respectueuses des gens et des richesses naturelles et humaines en tant que patrimoine collectif. Concernant la méthode, nous poursuivrons la politique de partenariat, en particulier avec les autres associations, et chaque fois que cela sera nécessaire, la Justice et la Communication (dont fait partie la Presse) nous semblent être des instruments efficaces en cas d’échec du dialogue et de la négociation.

Au sein du CA renouvelé, Katharina Grabowski s’est d’ailleurs proposée pour s’occuper d’ouvrir une page facebook de l’association. Lysianne Thomas commence à réfléchir à un événement culturel festif, et Elisabeth Birot a également fait son entrée avec enthousiasme. Nous pouvons continuer à compter sur le dévouement et l’efficacité de Catherine Jenkins, secrétaire, et Pierre-Yvon Boisnard, trésorier, l’expertise de Philippe Allot, Vice-président, celle de Christian Millet, ainsi que sur l’enthousiasme imaginatif de Laurence Allix. Je me suis senti très vite confiant dans la capacité de cette équipe de travailler dans la créativité et la bonne humeur.

Au nom de son Conseil d’administration et de son Bureau, j’adresse mes sincères remerciements à Hervé Méchin et toute l’équipe précédente pour le travail accompli, et aux membres de l’ARAP pour leur confiance, avec tous mes vœux de réussite dans notre belle entreprise collective.

                                                                       Philippe Gérin

 

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